Vivre longtemps avec une insuffisance rénale chronique : comment ralentir la maladie ?

À quoi ressemble la vie d’un patient atteint d’insuffisance rénale chronique ? Voici comment faire pour vivre avec cette maladie des reins souvent aggravée par l’hypertension et le diabète.

L’insuffisance rénale chronique désigne un dysfonctionnement des reins. Cette maladie grave peut entraîner diverses complications et même la mort. Toutefois, il est tout à fait possible de ralentir son évolution grâce à un traitement adapté et une bonne qualité de vie.

Médicaments, dialyse ou greffe de rein : le traitement diffère selon la cause et le stade de la maladie. Il est donc primordial de consulter son médecin traitant pour établir un diagnostic et bénéficier d’un suivi régulier. Découvrez sans plus tarder nos conseils santé sur le sujet.

Insuffisance rénale chronique ou aiguë : quelle différence ?

Il arrive que les reins ne soient plus capables d’éliminer les déchets ni de conserver les éléments indispensables à l’organisme. La maladie rénale devient aiguë quand les fonctions y afférentes sont altérées de manière transitoire, ce qui signifie qu’elle est réversible. Concernant les causes, elles demeurent diverses. La dégradation de la fonction rénale peut résulter d’une infection ou d’une intoxication suite à l’ingestion de médicaments.

Dans le cas de l’insuffisance rénale chronique, en revanche, les dommages sont irréversibles puisque l’on observe une destruction progressive des reins. C’est principalement la conséquence d’une maladie chronique mal contrôlée comme le diabète ou l’hypertension artérielle.

Sachez que les reins participent au bon fonctionnement de l’organisme. Filtrant quotidiennement 190 litres de sang, ces organes remplissent plusieurs fonctions, entre autres :

  • Une fonction exocrine : les reins absorbent les molécules dont l’organisme a besoin et filtrent les déchets.
  • Une fonction endocrine : ils sont aussi chargés de sécréter diverses hormones telles que la rénine et l’érythropoïétine (EPO). La première permet de maintenir la pression artérielle. La seconde est indispensable à la formation des globules rouges par la moelle osseuse.

Quels sont les symptômes de la dégradation de la fonction des reins ?

Pourquoi l'insuffisance rénale chronique favorise les crises de goutte ?

Au début, aucun symptôme n’est perceptible. Les premiers signes — liés au syndrome urémique — apparaissent lorsque le stade de la maladie est plus avancé. Le patient peut alors présenter :

  • Une anémie, c’est-à-dire une diminution de nombre de globules rouges, à cause de la baisse de la production d’érythropoïétine. Il en résulte une importante fatigue qui affecte considérablement la qualité de vie ;
  • Des douleurs musculaires ;
  • Une arthropathie entraînant une crise de goutte ;
  • Une hypertension et des œdèmes : ces maux sont provoqués par la rétention de sodium qui se produit lorsque les déchets s’accumulent, devenant toxiques pour l’organisme.
  • Des troubles métaboliques : le taux de phosphore dans le sang augmente tandis que celui de calcium diminue. En réaction à cela, les glandes parathyroïdes mobilisent ce minéral à partir des os, ce qui les fragilise.

Pour traiter ce dernier problème, il ne faudra pas seulement réduire vos apports alimentaires en phosphore. Vous devrez également prendre des chélateurs de phosphore pour empêcher l’absorption digestive de ce sel minéral contenu dans les aliments. De plus, votre médecin pourra vous prescrire du calcium, de la vitamine D ou des calcimimétiques.

Comment est-ce que la maladie rénale évolue ?

En l’absence de traitement adéquat, l’insuffisance rénale peut rapidement passer du stade 1 au stade 5. Autrement dit du stade de maladie rénale avec atteinte de l’épuration au stade final. Le stade 2, lui, désigne une insuffisance rénale légère. Les stades 3A et 3B une insuffisance rénale modérée. Quant au stade 4, il traduit une insuffisance rénale sévère.

Pour définir à quel stade de la maladie vous vous trouvez, votre médecin calculera le débit de filtration glomérulaire en utilisant le taux de créatinine :

  • Stade 1 : le débit est supérieur à 90 ml/min/1,73 m².
  • Stade 2 : le débit est compris entre 60 et 89 ml/min/1,73 m².
  • Stade 3A : il est compris entre 45 et 59 ml/min/1,73 m2.
  • Stade 3B : il est entre 30 et 44 ml/min/1,73 m².
  • Stade 4 : le débit varie de 15 à 29 ml/min/1,73 m².
  • Stade 5 : le débit est inférieur à 15 ml/min/1,73 m².

Si vous souffrez d’une insuffisance rénale chronique, vous devrez en outre passer des analyses d’urine et une série d’examens. Cette dernière inclut une kaliémie (taux de potassium dans le sang), une natrémie (taux de sodium dans le sang), ainsi que le dosage de l’albumine et de l’urée.

Dialyse ou greffe rénale : focus sur les différents traitements

Quelle machine le médecin utilise-t-il pour la dialyse ?

La greffe de rein n’est indiquée qu’au stade terminal. Dans ce cas de figure, vous devez vous inscrire sur la liste d’attente de transplantation sans tarder. Sachez néanmoins que ce traitement n’est pas envisageable pour tous les patients. Notamment ceux qui ont déjà eu recours à la dialyse. En effet, plus le rein a été dialysé, moins efficace est la greffe. Concernant le rein, il peut aussi bien provenir d’un donneur vivant que décédé.

D’un autre côté, la dialyse est indiquée en cas d’insuffisance rénale chronique terminale ou d’insuffisance rénale aiguë importante. Cette technique d’épuration du sang vise à pallier le rein défaillant. Notez que l’on distingue deux techniques de dialyse : l’hémodialyse et la dialyse péritonéale. La première technique recourt à une membrane artificielle pour filtrer le sang. La seconde utilise le péritoine comme membrane filtrante.

Quel que soit le traitement, consultez régulièrement votre médecin traitant, ainsi que les autres professionnels de santé qui participent à votre suivi médical. Cela permettra d’évaluer l’efficacité des soins. D’ailleurs, si des effets indésirables apparaissent, parlez-en à l’équipe médicale. Ne modifiez surtout pas le traitement sans son avis.

L’hypertension artérielle et le diabète : deux maladies à surveiller de près

Il en est de même de la protéinurie (présence anormale de protéines dans l’urine) et plus généralement des maladies qui affectent les vaisseaux sanguins. Et pour cause, elles ont tendance à endommager les reins. À propos, notez que le diabète et l’hypertension représentent les principales causes de traitement par dialyse dans l’Hexagone.

Aussi, assurez-vous que votre protéinurie résiduelle est inférieure à 0,5 g/j et contrôlez systématiquement votre pression artérielle. Il s’agit de la maintenir à 130/80 mmHg (voire plus bas). Mais si vous avez le diabète, elle doit être inférieure à 125/75 mmHg. Vous devez en outre stabiliser votre glycémie(sucre dans le sang) dans des limites proches de la normale.

Une fois ces objectifs atteints, il faudra maintenir ces valeurs. Pour s’en assurer, votre médecin vous fera passer une série d’examens sanguins, incluant notamment le dosage du fer, de la C-Reactive Protéine et des lipides. À cela s’ajouteront des examens urinaires tels que le dosage de la créatinine, de l’urée et de l’albumine, ainsi qu’un examen cytobactériologique des urines (ECBU).

Pour ralentir la maladie, soignez votre alimentation

Pourquoi un régime sans sel est recommandé en cas de trouble de la fonction rénale ?

Pour pouvoir vivre longtemps avec une insuffisance rénale chronique, vous devez adopter un régime alimentaire strict. Celui-ci doit être pauvre en sel pour diminuer la pression artérielle et la protéinurie. En général, la recommandation est de 5 à 6 g de sel par jour.

Pour cela, ne salez pas l’eau de cuisson des aliments, ne rajoutez pas du sel à table et évitez tout ce qui est très salé. Par exemple le pain, les biscuits apéritifs, la charcuterie, le fromage, etc. Quant au sel de régime, il est à exclure en cas d’insuffisance rénale, car il peut s’avérer dangereux.

Votre alimentation doit également être réduite en protéines pour ne pas augmenter le travail des reins et aggraver ainsi la maladie. Votre médecin définira l’apport en protéines en fonction du degré d’atteinte de la fonction rénale. En général, les professionnels de santé recommandent un apport de 0,8 à 1 g de protéines par kg de poids et par jour. Autrement dit, si vous pesez 60 kg, vous devrez limiter votre consommation à 48 à 60 g de protéines par jour. Mais si l’insuffisance rénale est importante, le régime sera plus restrictif.

VOIR AUSSI : Quel est le régime alimentaire de l’insuffisant rénal ?

… ainsi que votre mode de vie

Si vous fumez, nous sommes dans le regret de vous annoncer que vous allez devoir faire une croix sur les cigarettes. Il faut savoir que le tabac altère la fonction rénale et constitue un facteur de risques cardiovasculaires (tout comme l’alcool). Si vous ne savez pas comment arrêter de fumer, demandez conseil à un professionnel de santé.

Par ailleurs, veillez à pratiquer régulièrement une activité physique modérée. Au moins 5 jours sur 7 et 30 minutes par jour. L’objectif est de lutter contre la sédentarité, l’hypercholestérolémie et le surpoids. En effet, il est essentiel de maintenir un IMC en dessous de 25 kg/m2.

Enfin, pour pouvoir vivre longtemps avec une insuffisance rénale chronique, pensez à bien vous hydrater au quotidien. Buvez 1,5 litre d’eau par jour (ou une autre boisson non sucrée et non alcoolisée). En cas de fortes chaleurs ou de fièvre, augmentez la quantité afin de ne pas vous déshydrater. En cas d’œdèmes, par contre, diminuez la quantité d’eau que vous buvez.

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