Wegovy, Mounjaro : qui peut prendre ces médicaments contre l’obésité ? IMC requis, prescription, remboursement et effets secondaires.
Les médicaments contre l’obésité ont considérablement évolué ces dernières années. Avec l’arrivée de traitements comme Wegovy et Mounjaro, les médecins disposent désormais de nouvelles solutions pour accompagner les personnes qui ne parviennent pas à perdre suffisamment de poids malgré une prise en charge adaptée. Mais ces médicaments ne s’adressent pas à tout le monde et leur prescription répond à des critères médicaux précis.
En France, où l’obésité concerne plus de 17 % des adultes, ces traitements représentent une avancée pour les patients atteints de formes sévères de cette maladie chronique. Depuis le 15 juin 2026, l’Assurance Maladie rembourse même Wegovy et Mounjaro à hauteur de 65 %, sous certaines conditions.
Qui peut en bénéficier ? À partir de quel IMC un médecin peut-il les prescrire ? Quels sont leurs effets secondaires et les conditions de remboursement ? Voici ce qu’il faut savoir.
Sommaire
Dans quels cas peut-on prescrire un médicament contre l’obésité ?
Les médecins envisagent généralement un traitement médicamenteux de l’obésité en deuxième intention, lorsque les changements alimentaires, l’activité physique et l’accompagnement médical n’ont pas permis d’obtenir des résultats suffisants.
L’obésité ne se résume pas à un excès de poids. Il s’agit d’une maladie chronique et multifactorielle qui peut favoriser le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension artérielle ou encore les apnées du sommeil.
Pour déterminer si un médicament peut être proposé, le médecin s’appuie notamment sur l’indice de masse corporelle (IMC), calculé en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres élevée au carré.
Chez l’adulte, les indications des principaux traitements injectables permettent d’envisager une prescription dans deux situations :
- Un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m², correspondant à une obésité.
- Un IMC supérieur ou égal à 27 kg/m², lorsqu’une maladie liée au poids accompagne le surpoids, comme un diabète de type 2 ou une hypertension artérielle.
Toutefois, remplir ces critères ne signifie pas qu’un médicament sera systématiquement prescrit. Le médecin examine également les antécédents médicaux, les traitements en cours, les éventuelles contre-indications et les bénéfices attendus.
Chez certains adolescents à partir de 12 ans, des médicaments comme Wegovy ou Saxenda peuvent également être envisagés selon les conditions propres à leur autorisation de mise sur le marché (AMM). Mounjaro, dans son indication de contrôle du poids, concerne les adultes.

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Quels sont les médicaments disponibles contre l’obésité en France ?
Plusieurs traitements disposent d’une autorisation de mise sur le marché pour la prise en charge de l’obésité. Les plus récents agissent directement sur les mécanismes hormonaux qui régulent l’appétit et la satiété.
Wegovy, Mounjaro et Saxenda : comment fonctionnent-ils ?
Les analogues du GLP-1 imitent l’action d’une hormone naturellement produite par l’intestin après les repas. Ils augmentent la sensation de satiété, ralentissent la vidange gastrique et contribuent ainsi à réduire les quantités de nourriture consommées.
Le tirzépatide, principe actif de Mounjaro, agit sur deux récepteurs hormonaux, ceux du GLP-1 et du GIP.
Trois médicaments injectables occupent aujourd’hui une place importante dans le traitement de l’obésité :
| Médicament | Molécule | Fréquence des injections |
|---|---|---|
| Wegovy | Sémaglutide | Une fois par semaine |
| Mounjaro | Tirzépatide | Une fois par semaine |
| Saxenda | Liraglutide | Une fois par jour |
Les patients utilisent des stylos injecteurs pour administrer le médicament sous la peau. Le médecin commence généralement par une faible dose, puis l’augmente progressivement sur plusieurs semaines afin de limiter les effets indésirables.
Ces traitements peuvent entraîner une perte de poids significative. Dans les essais cliniques, le tirzépatide a notamment permis des réductions moyennes de poids de l’ordre de 15 à 21 % après 72 semaines, selon la dose utilisée. Néanmoins, les résultats varient considérablement d’une personne à l’autre.
L’orlistat, un médicament qui limite l’absorption des graisses
Contrairement aux traitements précédents, l’orlistat agit directement dans le système digestif. Il bloque partiellement l’absorption des graisses alimentaires, qui sont ensuite éliminées dans les selles.
Ce médicament se prend par voie orale, au moment des repas. Son efficacité reste généralement plus modeste que celle des nouveaux traitements injectables. De plus, il peut provoquer des troubles digestifs, particulièrement lorsque l’alimentation contient beaucoup de matières grasses.
L’orlistat n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie dans le traitement de l’obésité.

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Wegovy et Mounjaro : quelles conditions pour obtenir un remboursement ?
Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro bénéficient d’une prise en charge à 65 % par l’Assurance Maladie chez certains adultes atteints d’obésité sévère ou massive.
Cependant, les conditions de remboursement sont plus restrictives que les critères permettant une simple prescription.
Pour bénéficier de cette prise en charge, le patient doit avoir au moins 18 ans et présenter :
- Un IMC initial supérieur ou égal à 40 kg/m², même sans maladie associée.
- Un IMC initial supérieur ou égal à 35 kg/m², accompagné d’au moins une maladie ou situation figurant dans la liste officielle.
Dans les deux cas, le patient doit également avoir suivi pendant six mois une prise en charge nutritionnelle adaptée, avec une perte de poids inférieure à 5 % du poids de départ.
Parmi les maladies associées susceptibles d’ouvrir droit au remboursement figurent le diabète de type 2, l’hypertension artérielle nécessitant un traitement, certaines maladies du foie, les apnées du sommeil, des atteintes rénales ou encore certaines complications articulaires invalidantes. Des critères supplémentaires et des avis spécialisés peuvent être nécessaires.
Autre précision : le remboursement repose sur l’IMC mesuré au début du traitement, même si le patient a depuis perdu suffisamment de poids pour passer sous le seuil requis.
Pour connaître les conditions exactes, les démarches et les montants restant à payer, vous pouvez consulter ce dossier publié par Qare consacré au remboursement des traitements : Mounjaro est-il remboursé ?
À noter également que Mounjaro peut bénéficier d’un remboursement dans certaines situations de diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, selon des critères distincts de ceux de l’obésité.
Quel médecin peut prescrire un traitement contre l’obésité ?
Depuis juin 2025, tout médecin peut prescrire Wegovy, Mounjaro ou Saxenda, à condition de respecter les indications prévues par leur autorisation de mise sur le marché.
En revanche, les règles changent lorsqu’un patient souhaite bénéficier du remboursement de Wegovy ou Mounjaro pour son obésité.
Une première prescription encadrée pour le remboursement
La prescription initiale ouvrant droit à la prise en charge doit provenir d’un médecin habilité.
Il peut notamment s’agir d’un spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition, d’un médecin qualifié en nutrition ou d’un chirurgien bariatrique disposant des qualifications requises et exerçant dans une structure adaptée.
Ces professionnels interviennent notamment dans les centres spécialisés de l’obésité (CSO), certains centres hospitaliers universitaires (CHU) et des établissements de soins médicaux et de réadaptation (SMR) spécialisés.
Les textes autorisent également certains endocrinologues travaillant en lien formalisé avec un CSO, ainsi que les médecins coordonnateurs de parcours renforcés consacrés à l’obésité complexe.
Le médecin traitant peut renouveler le traitement
Une fois la première prescription remboursable établie dans les règles, tout médecin peut renouveler l’ordonnance, y compris le médecin généraliste.
Le patient doit toutefois poursuivre son suivi médical. Celui-ci permet d’évaluer la perte de poids, la tolérance au médicament et la nécessité d’adapter les doses.
Pour obtenir le remboursement, le médecin habilité doit également compléter un formulaire d’accompagnement à la prescription. Le patient conserve ensuite ce justificatif et le présente au pharmacien avec son ordonnance à chaque délivrance.

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Quels sont les effets secondaires des médicaments contre l’obésité ?
Malgré leur efficacité, Wegovy, Mounjaro et les autres traitements de cette famille peuvent provoquer des effets indésirables, particulièrement au début du traitement ou lors de l’augmentation des doses.
Les troubles digestifs restent les plus fréquents. Les patients peuvent ressentir des nausées, des vomissements, des diarrhées, une constipation ou des douleurs abdominales.
Dans certains cas, des complications plus sérieuses peuvent survenir, notamment des calculs biliaires ou, plus rarement, une pancréatite aiguë. Une douleur abdominale intense et persistante nécessite une consultation médicale rapide.
Par ailleurs, l’arrêt du traitement peut entraîner une reprise de poids. Les études montrent qu’une partie importante des kilos perdus peut revenir après l’interruption des injections, ce qui souligne le caractère chronique de l’obésité.
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle également les dangers des usages détournés. Ces médicaments ne doivent pas servir à perdre quelques kilos pour des raisons esthétiques.
Enfin, les produits présentés comme des traitements amaigrissants sur des sites internet non autorisés peuvent être contrefaits. Leur composition et leur dosage ne présentent aucune garantie de sécurité.
Les médicaments suffisent-ils pour traiter durablement l’obésité ?
Même lorsqu’ils permettent une perte de poids importante, les médicaments ne remplacent pas une prise en charge globale de l’obésité.
Le traitement doit accompagner une alimentation équilibrée, éventuellement sous la forme d’un régime hypocalorique adapté, ainsi qu’une augmentation progressive de l’activité physique selon les capacités du patient.
Un accompagnement nutritionnel, psychologique ou comportemental peut également aider à mieux comprendre les facteurs favorisant la prise de poids et à maintenir les résultats.
La Haute Autorité de santé (HAS) insiste sur cette approche personnalisée. En effet, l’obésité peut résulter de facteurs génétiques, hormonaux, environnementaux et psychologiques qui nécessitent parfois plusieurs interventions complémentaires.
Pour les personnes atteintes d’obésité sévère, la chirurgie bariatrique constitue une autre possibilité. Elle peut être envisagée, après une évaluation spécialisée, notamment lorsque l’IMC atteint 40 kg/m², ou 35 kg/m² en présence de certaines complications.
Toutefois, chirurgie et médicaments ne répondent pas exactement aux mêmes situations. Le choix dépend de l’état de santé, des antécédents, des préférences du patient et des résultats des traitements précédents.
Comment savoir si un médicament contre l’obésité est adapté à sa situation ?
La première démarche consiste à consulter son médecin traitant. Celui-ci peut calculer l’IMC, rechercher d’éventuelles complications liées au poids et faire le point sur les démarches déjà entreprises.
Si les mesures nutritionnelles et comportementales ne donnent pas les résultats attendus, il pourra envisager un traitement médicamenteux ou orienter le patient vers une consultation spécialisée.
L’objectif n’est pas uniquement de faire baisser le chiffre sur la balance. Une perte de poids adaptée peut aussi améliorer la glycémie, la tension artérielle, la mobilité et certaines complications de l’obésité.
Avec Wegovy et Mounjaro, les possibilités thérapeutiques se sont élargies en France. Leur remboursement depuis juin 2026 facilite également l’accès aux soins pour certains patients atteints d’obésité sévère. Mais leur utilisation nécessite toujours une évaluation médicale rigoureuse et un accompagnement sur la durée.

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FAQ : les questions fréquentes sur les médicaments contre l’obésité
Non. Wegovy et Mounjaro nécessitent obligatoirement une prescription médicale. Une pharmacie ne peut pas délivrer ces médicaments sans ordonnance. Les offres proposant ces traitements librement sur internet présentent un risque de contrefaçon.
Chez l’adulte, les principaux traitements injectables peuvent être prescrits à partir d’un IMC de 30, ou dès 27 en présence d’une maladie liée au poids. Le médecin décide selon l’état de santé et les traitements déjà essayés.
Oui. Mounjaro possède une indication dans le traitement de l’obésité, indépendamment du diabète de type 2. Il peut donc être prescrit à une personne non diabétique qui remplit les critères médicaux.
Les essais cliniques montrent des pertes de poids moyennes pouvant dépasser 15 % du poids initial avec certains dosages et traitements. Cependant, les résultats dépendent du médicament, de la durée du suivi et des caractéristiques de chaque patient.
Oui. La reprise de poids après l’arrêt des aGLP-1 est fréquente, car leurs effets sur l’appétit et la satiété diminuent progressivement. Un accompagnement nutritionnel et une activité physique adaptée restent essentiels.
Oui, les médicaments contre l’obésité interviennent généralement après une prise en charge nutritionnelle insuffisamment efficace. Pour bénéficier du remboursement de Wegovy ou Mounjaro dans l’obésité, il faut notamment avoir perdu moins de 5 % de son poids après six mois d’accompagnement adapté.
Pas systématiquement. Wegovy et Mounjaro sont remboursables à 65 % depuis le 15 juin 2026, sous conditions. Une complémentaire santé ou certaines situations d’affection de longue durée (ALD) peuvent réduire le reste à charge.
Il ne faut pas associer Wegovy, Mounjaro ou d’autres traitements de la même famille sans indication médicale spécifique. Ces associations ne font pas partie des schémas habituels de traitement et peuvent augmenter le risque d’effets indésirables.
Les stylos injecteurs utilisent des aiguilles très fines. L’injection sous-cutanée provoque généralement peu de douleur, même si une rougeur ou une légère irritation peut apparaître au point d’injection.
Un traitement qui doit s’inscrire dans la durée
Les médicaments contre l’obésité offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives aux personnes pour lesquelles les approches classiques ne suffisent pas. Toutefois, leur efficacité repose sur une prescription adaptée, un suivi médical régulier et des changements durables du mode de vie. Avant d’envisager ces injections, une question mérite donc d’être posée à son médecin : ce traitement répond-il réellement à mes besoins de santé ?
Sources :
- https://www.ameli.fr/assure/actualites/obesite-de-nouveaux-medicaments-peuvent-etre-pris-en-charge-dans-des-conditions-encadrees
- https://www.chu-poitiers.fr/specialites/centre-specialise-obesite/votre-prise-en-charge/traitements-mdicamenteux-de-lobsit/
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18932
