Colopathie fonctionnelle : qu’est-ce que le syndrome du côlon ou intestin irritable ?

Avez-vous déjà entendu parler de la colopathie fonctionnelle ? Également appelée syndrome de l’intestin irritable (SII), cette maladie intestinale touche 1 Français sur 4, en particulier les femmes. Les sujets qui en souffrent ressentent des douleurs abdominales. Ils doivent aussi composer avec les troubles du transit intestinal tels que des ballonnements, la constipation et la diarrhée. Autant de symptômes qui impactent le quotidien des patients étant donné qu’il s’agit d’une pathologie chronique.

Comment la colopathie fonctionnelle survient ? En quoi consiste le traitement ? Quels aliments éviter ? Quel régime spécifique suivre pour faire disparaître les symptômes ? Retrouvez les réponses à ces questions dans le présent article.

Le syndrome de l’intestin irritable reste une maladie bénigne

Très fréquent, le SII fait partie des troubles fonctionnels intestinaux. Certains utilisent également le terme « côlon irritable ». À tort ? Pas tout à fait. En vérité, la colopathie fonctionnelle touche à la fois l’intestin grêle et le côlon.

Selon les critères de Rome IV, les douleurs et les troubles fonctionnels se produisent au moins un jour par semaine, durant les trois derniers mois. Une sensation de crampe ou de spasme caractérise les douleurs abdominales. À noter que l’on distingue différentes formes de SII :

  • Avec diarrhée prédominante (SII-D) ;
  • Avec constipation prédominante (SII-C) ;
  • Avec alternance diarrhée-constipation ou forme mixte (SII-M).

Dans tous les cas, cette maladie s’accompagne d’au moins deux symptômes supplémentaires, à savoir :

  • La modification de la fréquence des selles ;
  • Le changement de leur consistance ;
  • Le soulagement lors de l’émission de selles ou de gaz.

À ces situations inconfortables peuvent s’ajouter les maux suivants :

  • Douleurs musculaires au niveau du dos ;
  • Maux de tête ;
  • Syndrome de fatigue chronique ;
  • Problèmes d’insomnie.

Au fil du temps, les symptômes du syndrome de l’intestin irritable persistent. Ainsi, on parle de colopathie chronique lorsque la maladie évolue depuis plus de six mois. On observe alors des périodes de crise, notamment après un repas trop gras ou trop copieux.

L’origine des troubles du transit peut ne pas concerner que le côlon

Chez près de 2 patients sur 3, la colopathie fonctionnelle est due à une hypersensibilité viscérale, c’est-à-dire des troubles de la sensibilité intestinale. Concrètement, l’intestin est trop sensible à son contenu (gaz et selles), ce qui provoque une sensation d’inconfort.

Autrement, cette maladie peut avoir pour origine des troubles de la motricité digestive : les contractions de l’intestin grêle et du côlon sont trop faibles ou au contraire trop fortes. Il en résulte un ralentissement ou une accélération du transit, ce qui se traduit par de la constipation ou de la diarrhée ;

Le SII peut aussi provenir d’un déséquilibre dans l’écosystème intestinal (microbiote) : c’est ce qu’on appelle « dysbiose ». La production de gaz augmente, la digestion est perturbée et des réactions inflammatoires se produisent.

Une anomalie du mécanisme de contrôle de la douleur viscérale au niveau du système nerveux central peut aussi provoquer des troubles au niveau du côlon. Les symptômes peuvent être accentués par la consommation de certains aliments, mais également par des facteurs psychologiques comme le stress et l’anxiété.

Bon à savoir : le syndrome peut être associé à d’autres maladies. On cite notamment la cystite interstitielle, la dyspepsie, la fibromyalgie ou encore le reflux gastro-œsophagien. Par contre, le SII n’augmente pas le risque de développer une maladie inflammatoire chronique intestinale (par exemple la maladie de Crohn) ou un cancer du côlon.

Traitements et complémentation : la colopathie fonctionnelle se soigne

Pour soulager les douleurs au niveau de l’intestin et réduire la fréquence des troubles, les patients peuvent opter pour un traitement médicamenteux. Ceux qui souffrent de la colopathie spasmodique ont aussi la possibilité d’opter pour des solutions plus douces.

Les médicaments contre la constipation et la diarrhée

En priorité, les professionnels de santé prescrivent des antispasmodiques aux patients qui se sont fait diagnostiquer un côlon irritable. Atténuant les contractions de l’intestin, ces médicaments visent à éliminer les ballonnements et les douleurs.

Des régulateurs du transit (à savoir des antidiarrhéiques en cas de diarrhée ou des laxatifs en cas de constipation) peuvent s’y ajouter. Au cas où les douleurs seraient insupportables, le traitement inclura des antidépresseurs à visée antalgique. Ces derniers ciblent les mécanismes de la douleur et la sensibilité viscérale.

Les probiotiques contre les divers troubles fonctionnels du côlon

Il est également possible de se procurer des probiotiques pour soigner la colopathie fonctionnelle. Disponibles en pharmacie et sur des sites spécialisés comme physionorm.fr, ces produits visent à rétablir l’équilibre du microbiote. Attention, il s’agit d’un traitement d’appoint qui doit compléter les traitements prescrits par les médecins.

Hormis les probiotiques SII adaptés aux troubles du transit, chaque catégorie de compléments alimentaires contenant des microorganismes vivants répondent à des besoins spécifiques. En voici une liste non exhaustive :

  • Probiotiques pour intestin irritable destinés à rééquilibrer la flore intestinale après une gastro-entérite ou un traitement à base d’antibiotiques ;
  • Probiotiques permettant de remédier à la lenteur du transit et à la constipation ;
  • Probiotiques colon irritable contre les diarrhées, en complément des antibiotiques.

VOIR AUSSI : Que manger en cas de gastro-entérite ?

Les traitements non médicamenteux contre les douleurs abdominales

L’hypnose contribue à améliorer le bien-être psychologique — et de ce fait la qualité de vie — des patients qui résistent au traitement médicamenteux. Cette solution alternative permet effectivement de soulager les douleurs abdominales, une composante prépondérante de la colopathie fonctionnelle. Elle calme également les patients anxieux, en plus de traiter les symptômes centraux de la coloscopie fonctionnelle, au même titre que les probiotiques SSI.

En France, l’hypnose thérapeutique est recommandée pour prendre en charge le syndrome de l’intestin irritable réfractaire. C’est notamment le cas pour les patients dont les symptômes s’intensifient pour des raisons psychologiques.

Le régime alimentaire influe sur la diminution des symptômes

Le traitement repose essentiellement sur une bonne hygiène de vie et une alimentation équilibrée. D’une part, les professionnels de santé recommandent à leurs patients de pratiquer régulièrement une activité physique pour accélérer le transit des gaz.

D’autre part, ils doivent éviter certains aliments. Le gluten figure en tête de liste. En effet, il a été prouvé que diminuer la consommation de produits qui en contiennent permet de réduire les symptômes liés à la colopathie fonctionnelle.

C’est ainsi que le régime pauvre en FODMAP est apparu. Cet acronyme désigne les sucres dits fermentescibles (un groupe de glucides à chaîne courte) que l’on retrouve dans divers aliments. Peu ou mal absorbés au niveau de l’intestin, ils fermentent sous l’action des bactéries, une fois dans le côlon. Cette fermentation cause les ballonnements et les sensations d’inconfort au niveau de l’appareil digestif.

Ce régime proscrit donc les aliments responsables d’une surproduction de gaz, pour ne citer que l’asperge, le brocoli, le chou ou encore le poireau. Le lactose et certaines céréales (entre autres le blé, l’épeautre et le seigle) sont également exclus. Les fruits riches en fibres et en fructose tels que l’abricot, la mangue, la poire ou encore la pomme ne sont pas en reste.

Le régime en question doit être suivi strictement pendant quatre à six semaines. Une fois que l’état de santé des patients s’améliore, les aliments sont progressivement réintroduits jusqu’à ce qu’ils déterminent eux-mêmes la dose qu’ils peuvent supporter.

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