Décider de consulter un sexologue et trouver le bon !

Absence de désir, trouble de l’érection, vaginisme… les raisons de voir un sexologue sont nombreuses. Nos conseils pour trouver un professionnel digne de confiance.

Confier ses problèmes intimes à un inconnu n’est pas chose facile. Certains patients ont été abusés par des charlatans et des affaires retentissantes se sont terminées devant les tribunaux. Depuis, les syndicats et les sociétés savantes regroupant des sexologues assurent avoir fait le « ménage ».

Aujourd’hui, le milieu de la santé sexuelle a été assaini et est beaucoup plus crédible pour le public. Mais, la profession reste peu réglementée. Différents critères permettent de s’y retrouver.

Il y a les « vrais » et les « faux »

Le titre de sexologue n’est pas protégé. N’importe qui peut proposer des consultations de sexologie, ce qui ouvre la porte à toutes les dérives. Seule solution pour distinguer les « vrais » des « faux » sexologues : vérifier leur formation. Pour s’inscrire comme sexologue auprès du Conseil de l’ordre, les médecins doivent être titulaires du DIU (diplôme inter-universitaire) de sexologie qui correspond à trois ans d’études. Les autres professions de santé (psychologues, sages-femmes, kinésithérapeutes…) peuvent passer des diplômes sanctionnant des études de sexologie en deux ou trois ans.

Dans les pages jaunes de l’annuaire, les médecins sexologues sont signalés en tant que tel. Les non-médecins sont regroupés sous la rubrique « sexologues », mais rien ne garantit qu’ils ont reçu la formation adéquate. D’où la nécessité de vérifier dans les annuaires professionnels (voir encadré page suivante).

Un spécialiste adapté à chaque demande

Selon une récente enquête de l’Inserm, près de 63 % des sexologues français sont des médecins et 60 % sont des hommes. La France constitue une exception en Europe où la profession est plutôt féminine avec un profil d’infirmière, de sage-femme, de psychologue ou de conseillère conjugale.

Quel profil de sexologue vous conviendra le mieux ? Certaines personnes ont besoin de consulter un médecin pour s’assurer que leur problème sexuel n’a pas de cause organique (comme c’est souvent le cas chez les personnes âgées). C’est le cas, par exemple, d’un homme de 45 ans souffrant de trouble de l’érection, ou d’une femme qui n’a plus de désir sexuel après un accouchement.

En effet, seul un médecin est habilité à prescrire des médicaments et à pratiquer un examen.

En réalité, tout sexologue digne de ce nom, et quel que soit son métier d’origine, renverra son patient vers un spécialiste en cas de nécessité. Beaucoup de sexologues travaillent régulièrement si besoin avec des urologues et des gynécologues.

La sexologie est avant tout une approche globale : les sexologues ne s’occupent pas seulement des problèmes d’érection, d’éjaculation précoce, de désir ou de vaginisme… Ils abordent aussi forcément la séduction, les troubles de l’identité sexuelle, le couple…

Sexologue homme ou femme ?

Un sexologue est un thérapeute avant tout. Quand un (bon) sexologue reçois un couple, il ne se place pas du côté de l’homme ou du côté de la femme, mais du côté du couple qui est une entité. II n’empêche, qu’on se sent parfois plus à l’aise, pour confier ses problèmes intimes, avec une personne du même sexe.

Instaurer la bonne distance

La première consultation est très importante. Le sexologue doit expliquer sa méthode de travail. Quelqu’un qui vous promet monts et merveilles tout de suite, ce n’est pas bon signe.

Une consultation de sexologie expédiée en 15 minutes n’inspire pas non plus confiance. Schématiquement, un bon sexologue consacre une demi-heure à récupérer les éléments d’information et un quart d’heure à expliquer au patient le mécanisme de compréhension de ses difficultés et le projet thérapeutique. Il faut que le patient s’y reconnaisse.

Si, à la fin de la consultation, vous avez le sentiment de ne pas avoir été compris et entendu, changez de sexologue.

Des tarifs très variables

Il est parfaitement légitime de demander le prix de la consultation dès la prise de rendez-vous. Les tarifs varient de 70 à 150 € selon le praticien. L’acte de sexologie n’est pas pris en charge par la Sécurité sociale, mais les médecins peuvent faire une feuille de soins pour un problème médical lié au trouble sexuel.

Il existe dans les hôpitaux des consultations de sexologie, le plus souvent adossées aux services d’urologie ou de gynécologie. Les tarifs y sont nettement plus abordables qu’en libéral.

Ces consultations hospitalières permettent à tout le monde d’avoir accès à des soins concernant leur santé sexuelle, quel que soit le niveau de vie.

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