Quel est le régime alimentaire de l’insuffisant rénal ?

Classés par catégories, en fonction des nutriments qu’ils apportent en majorité, les aliments se constituent de protéines, de glucides, de lipides, de vitamines, de sels minéraux et de boissons. Voici le régime alimentaire que doit suivre dans l’idéal un insuffisant rénal.

Les protides

Il convient à l’insuffisant rénal d’éviter les excès. Une restriction stricte n’est pas nécessaire au début d’une insuffisance rénale. C’est en mangeant de la viande blanche ou rouge, du poisson ou des œufs, à raison d’une seule fois par jour, que la ration protidique pourra être normale.

Cette consommation n’entraîne pas de trouble et permet de réduire le travail du rein. Ainsi, il se détériore moins rapidement tout en restant compatible avec une alimentation variée. Il s’agira, à terme, de diminuer l’apport protidique en suivant les conseils de votre diététicienne.

Enfin, préférez les protéines animales, comme la viande, le poisson et l’œuf, qui contiennent plus de sels minéraux comparés aux protéines végétales, comme le pain, le riz et les légumes secs.

Les boissons

Concernant les boissons, l’idée est de boire normalement, sauf pour les cas particuliers. Notre organisme a besoin de 1,5 litres de liquide par jour : café, eau, soupe, tisane, ou encore un quart de vin par jour pour le plaisir.

Il convient de surveiller l’apport quotidien de boissons et d’éviter de l’augmenter. En effet, au cours de l’insuffisance rénale, le volume d’urine reste normal, soit 1,5 à 2 litres, mais le rein n’est pas capable d’éliminer un excès dans l’apport liquidien, s’accumulant alors dans l’organisme.

Les glucides (sucres)

Il n’existe pas de restriction concernant la consommation de pain, riz et céréales. Il est recommandé d’ingérer une ration plus importante en glucides complexes d’absorption lente comme le riz, les pâtes, les biscottes et le pain. Dans le cas d’un diabète, une ration normale de glucides simples d’absorption rapide, tels que le miel, la confiture et les pâtisseries sera conseillée.

Les lipides (graisses)

Les huiles végétales sont conseillées. Les lipides sont classés en acides gras saturés, comme le beurre et le lard, plutôt considérés comme à risques et en acides gras mono-insaturés, comme l’huile d’arachide et d’olive, et poli-insaturés, comme l’huile de tournesol, le maïs et les noix qui posséderaient un rôle bénéfique dans la prévention des complications cardiovasculaires.

Les vitamines

Les vitamines A, B, C et E sont essentielles et à ne pas oublier. Ce sont les vitamines A, comme les choux et les carottes, E qui concerne les huiles végétales, B1 avec les légumes verts, B12 avec les viandes, PP avec les noix et les abats, H avec la levure, jaunes d’œufs, C avec l’apport de fruits frais.

Par ailleurs, la restriction de certains aliments peut amener à une carence vitaminée justifiant une supplémentation médicamenteuse.

Le potassium

Il convient de réduire le chocolat, les légumes secs et les fruits secs dans un régime convenant à l’insuffisance rénale.

Tant que l’insuffisance rénale n’est pas trop sévère, l’élimination par le rein du potassium reste suffisante : à condition que l’apport alimentaire en potassium ne dépasse pas 5 g par jour et que sa teneur dans le sang soit inférieure à 5 mmol/l.

Il reste préférable d’éviter les aliments riches en potassium comme le chocolat, les légumes secs, les fruits secs ou encore certaines variétés de fruits comme la banane. Si la quantité de potassium présente dans le sang dépasse la valeur normale, il est nécessaire de réduire, en suivant les conseils de votre diététicienne, les quantités de potassium alimentaire et de cuire les légumes dans des eaux de cuisson consécutives, en jetant à mi-cuisson la première eau.

Le calcium, à compléter via un apport médicamenteux

Un trouble de la synthèse de la vitamine D est l’une des conséquences de l’insuffisance rénale car elle entraîne une moins bonne absorption digestive du calcium alimentaire. Par ailleurs, la restriction protidique amène à la diminution de l’apport alimentaire en produits laitiers : cela entraîne une dose en calcium quotidienne insuffisante. Ainsi, un apport médicamenteux de calcium est généralement prescrit.

Limitation des excès de sel

L’organisme a besoin d’une ration de 6 à 8 g de sel par jour normalement. Cependant, c’est environ 12 à 15 g, parfois plus, qui sont consommés. En effet, le sel est naturellement présent dans de nombreux produits comme la viande, le poisson ou encore les crustacés. Les teneurs en sel sont variables d’un produit à l’autre : pour le pain, une demi-baguette compte 1 g de sel, les pâtisseries, comme deux croissants comptent 1 g de sel, pour les fromages il faut compter 1 g de sel pour une portion de camembert. Enfin, les condiments, les charcuteries, les portages industriels, les conserves et les plats cuisinés en contiennent plus particulièrement.

Ainsi, votre médecin pourrait vous recommander de réduire votre apport journalier en sel. Cela passe notamment par la suppression du sel de cuisson et la diminution de la consommation d’aliments salés.

Enfin, les sels dits « de régime » contiennent seulement du chlorure de potassium : si vous êtes insuffisant rénal leur consommation vous est interdite.

La surveillance des apports en phosphore

C’est dans les protéines animales, comme les viandes, les œufs et les poissons que le phosphore se trouve. En cas d’insuffisance rénale, on observe une diminution de l’élimination urinaire de phosphore : cela entraîne une augmentation du phosphore dans le sang aggravant les troubles calciques. Ainsi, il est recommandé de ne pas dépasser un apport quotidien en phosphore de 900 mg/j.

Le fer, à compléter avec des comprimés ou par injections

Lors d’une insuffisance rénale, il est fréquent d’observer un manque de fer, lié aux pertes sanguines. Il n’existe pas d’aliment pouvant compenser efficacement ce manque : un traitement apportant du fer, sous forme de comprimés, ou d’injections est mis en place.

Les bicarbonates : pour lutter contre l’acidose

L’une des conséquences principales de l’insuffisance rénale est l’acide métabolique. Cela s’explique par la réduction de l’élimination rénale des acides sanguins, entraînant une dénutrition, une fatigue musculaire et des lésions osseuses.

Cela va également amener une augmentation de potassium dans le sang. Il est donc indispensable de corriger l’acidose en apportant des bicarbonates sous forme de sachets ou de comprimés, soit en buvant de l’eau de Vichy, avec modération, étant donné sa teneur en sel.

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